Il y a des chateaux, habités de faux dieux
Qui se saoulent d'erreurs invoquant quelques sorts
Qui baisent le néant sans créer réconfort
Pendant aux tours d'ivoire des lambeaux d'adieux
Là où s'enfuient les rêves ...
La vague n'attend plus que le sable l'appelle
Elle grignote ses grains de cruelles lèvres
Chevauchée mille parts par de brulantes fièvres
Elle penètre l'aveu, ses fils s'entremelent
Là où s'enfuient les rêves ...
L'espoir est à genoux, pliant sous son fardeau
Il vit décapité, sans arret en sanglots
Puis il parle trop fort de contes, de grelots
Passé bien trop lointain qui pèse sur son dos
Là où s'enfuient les rêves ...
Morphée n'est qu'un pantin, pendu à son théatre
C'est que l'absurde est roi le fou s'est déplacé
Seigneur alcoolisé d'empires ressassés
Que ses supplications ont étouffé dans l'âtre
Là où s'enfuient les rêves ...
La nature a perdu, les forêts sont des tombes
Où des spectres violés par des rafales vives
S'écrient en longues plaintes, crises maladives
L'envie n'est qu'un désert, vide, d'obus de bombes
Là où s'enfuient les rêves ...
Il n'est rien que le temps n'est point dépossédé
La gourmande faucheuse a accouché l'enfer
On voit dieu empaillé aux joies de Lucifer
Que des vampires sourds vont jusqu'à commander
Là où s'enfuient les rêves ...
Les fées sont des chimères, à l'arme aiguisée
L'horreur est à leur doigts la magie d'autrefois
Et leur montures sont rien que dragons grenats
Qui domptés au poison paraissent de papiers
Là où s'enfuient les rêves ...
Mes mains lissent l'envie comme des draps trop vieux
Et j'ai perdu la vie, dans l'écho de tes mots
Tu avais l'univers, à tes pieds des émaux
Mais tu ne voulais rien qui ne flambe à mes yeux
Là où s'enfuient mes rêves ...
Tes pas restent gravés, ma mémoire méduse
A figé tout de toi, le bon et le mauvais
J'erre le regard froid sur ce monde défait
De rêves délaissés qui te voulaient pour muse
Là où s'enfuient mes rêves
Toutes mes larmes d'or transpercent le plafond
Car je n'éxiste plus, le chaos me confond